Attention les gens. Madame Aigre-Douce va rester objective pour cet avis sur le premier tome de la série « Les contes d’Erenn », « Le Nécromancien » (Marathon Editions, 2018), même si elle connaît bien son auteure. Elles ont déjà fait des bracelets brésiliens ensemble. C’est vous dire le degré de proximité. Mais Madame Aigre-Douce est IN-TRAI-TABLE sur l’honnêteté. Elle va dire ce qu’elle pense. En plus, elle est vachement difficile à acheter Madame Aigre-Douce. Elle est ferme. Elle est droite dans ses bottes. Quoi ? Où ça du pâté en croûte ? Oui, Madame Aigre-Douce adore le pâté en croûte et vendrait ses gosses pour un talon du charcutier. Remarquez, elle vendrait ses gosses pour pas grand-chose en ce moment, donc bon. Oui, Madame Aigre-Douce est une horrible maman. Mais une bonne copine. Donc elle a lu avec intérêt le travail de sa copine Loisel et elle vous livre ici ses impressions, sans concession.

« Le Nécromancien » est un roman assez court, à mi-chemin entre le young adult, la fantasy et le roman d’aventure. Ok, ça fait du tiers-chemin. Débrouillez-vous. La facture du roman est classique, une bande d’amis réunis par un but commun se mettant en quête d’un personnage censé les aider à résoudre leur problème. Les amis : Maud, d’abord, personnage central de ce premier tome, une jeune prêtresse dont le père, gravement malade, est une des victimes du Fléau, un mal répandu, mortel et réputé incurable ; Luke, son ami d’enfance (et plus si affinités, n’oublions pas que la cible est l’ado pubère), beau gosse, futé, guerrier et descendant de haut-rang ; Gaël, le troisième larron, est fils d’éleveurs de chevaux, excellent cavalier et bon manieur de couteaux. S’ajouteront selon les moments du récit d’autres personnages, tous bien décrits, avec une personnalité propre et servant plus ou moins la trame de ce premier tome.

Le début du roman est surtout consacré, de manière assez scolaire finalement, à la mise en place de l’univers et des personnages ainsi qu’à la compréhension des liens entre eux. L’auteure fait un véritable travail de description et d’imagination en recréant un monde, Erenn, divisé en Llyr et Dôn, ainsi qu’un système de classes, de religion et toute une mythologie autour de diverses croyances. Il n’y a pas de pouvoirs surhumains (ce n’est pas la série « Autre-Monde » de Maxime Chattam – où sont ces rogntudju de cœurs en smiley bordel – où tous les enfants se retrouvent dotés de pouvoirs extraordinaires qui arrangent bien l’auteur pour les tirer de situations critiques). Il n’ y a que des jeunes gens « normaux » mus par leur volonté ou les ordres de leurs supérieurs. Maud est sur les traces d’un remède au Fléau, que détiendrait le Nécromancien, pour sauver son père ; Luke est envoyé en mission sur les traces de la même personne dans le cadre de son métier de soldat. L’aspect fantastique est seulement apporté par quelques animaux de type mythologique, par les lieux grandioses,  par l’utilisation de minéraux et d’herbes pour soigner et l’organisation de la société autour de cultes religieux.

Les changements de point de vue entre les chapitres, les rebondissements et les dangers rencontrés insufflent davantage de vie à la deuxième moitié du roman, qui se lit plus rapidement et plus agréablement. Même si Madame Aigre-Douce est bien au-delà de sa puberté, en témoignent les deux bestioles qui lui sont sorties du ventre encore assez récemment, elle a tourné les pages avec avidité pour savoir comment l’aventure se terminait. Elle a même été assez réjouie par les scènes d’action, même si elles se résolvent assez simplement. Et a constaté que Madame Loisel a su concevoir une intrigue avec un intérêt scientifique certain et qui se tient logiquement tout au long du récit, ce qui est impressionnant pour un premier roman. Elle n’a même pas été déçue que l’auteure en garde sous le pied, anticipant ainsi certainement le tome II qui ne tardera pas à sortir. Certaines réponses sont apportées, de nouveaux questionnements apparaissent, ouvrant la porte à plein de péripéties possibles. Madame Aigre-Douce doit le confesser, elle aimerait bien un peu plus du sexy Yian dans les prochains Contes d’Erenn et un peu plus de déploiement des possibilités scientifiques autour du Fléau car elle sait que son lapin adoré, E. Loisel, en est capable.

Conclusion : un roman de young fantasy classique et bien construit, avec une bonne moitié d’action qui allèche les lecteurs pour le tome suivant. A offrir à tout ce qui a des boutons et trois poils sous les bras dans votre entourage. Bien joué copine (et oublie pas mon talon de pâté en croûte la prochaine fois qu’on se voit). 

aimé

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